lundi 30 septembre 2013

Les résultats du Challenge de Rio remporté par l'Australie


Frédérick Bousquet, Florent Manaudou, Fabien Gilot et Giacomo Perez-Dortona étaient présents à la RAIA RAPIDA ce Week end. Voici les résultats :
Round 1:
50m Dos
  1. DANIEL ARNAMNART AUS 26.06
  2. DANIEL ORZECHOWSKI BRA 26.07
  3. ADAM MANIA USA 26.08
  4. FLORENT MANAUDOU FRA 26.17
50m Brasse
  1. CHRISTIAN SPRENGER AUS 28.02
  2. JOAO LUIZ GOMES JUNIOR BRA 28.38
  3. MICHAEL ALEXANDROV USA 28.70
  4. GIACOMO PEREZ-DORTONA FRA 28.86
50m Papillon
  1. NICHOLAS DOS SANTOS BRA 23.75
  2. MATTHEW TARGETT AUS 23.78
  3. EUGENE GODSOE USA 23.94
  4. FREDERICK BOUSQUET FRA 24.35
50m Crawl
  1. MATTHEW ABOOD AUS 22.66
  2. JOSH SCHNEIDER USA 22.76
  3. ALAN VITÓRIA BRA 22.81
  4. FABIEN GILOT FRA 23.37
Round 2:
50m Dos
  1. DANIEL ORZECHOWSKI BRA 25.86
  2. ADAM MANIA USA 26.16
  3. DANIEL ARNAMNART AUS 26.20
50m Brasse
  1. CHRISTIAN SPRENGER AUS 27.61
  2. JOAO LUIZ GOMES JUNIOR BRA 28.14
  3. MICHAEL ALEXANDROV USA 28.48
50m Papillon
  1. NICHOLAS DOS SANTOS BRA 23.91
  2. EUGENE GODSOE USA 23.93
  3. MATTHEW TARGETT AUS 25.00
50m Crawl
  1. JOSH SCHNEIDER USA 22.86
  2. MATTHEW ABOOD AUS 22.92
  3. ALAN VITÓRIA BRA 23.36
Round 3
50m Dos
  1. DANIEL ORZECHOWSKI BRA 25.70
  2. ADAM MANIA USA 26.07
50m Brasse
  1. CHRISTIAN SPRENGER AUS 27.53
  2. JOAO LUIZ GOMES JUNIOR BRA 28.97
50m Papillon
  1. NICHOLAS DOS SANTOS BRA 23.22
  2. EUGENE GODSOE USA 23.64
50m  Crawl
  1. JOSH SCHNEIDER USA 22.54
  2. MATTHEW ABOOD AUS 22.72
The Decider: 4x50m 4nages

AUSTRALIE 1:38.23
  • ARNAMNART 25.98
  • SPRENGER 26.66 (52.64)
  • TARGETT 23.29 (1:15.93
  • ABOOD 22.30 – 1:38.23
BRAIZIL 1:39.93
  • ORZECHOWSKI 25.88
  • GOMES JUNIOR 28.04 (53.92)
  • DOS SANTOS 23.71 (1:17.63)
  • VITÓRIA 22.30 – 1:39.93
USA 1:40.06
  • MANIA 26.13
  • ALEXANDROV 27.99 (54.12)
  • GODSOE 23.53 (1:17.65)
  • SCHEIDER 22.41 – 1:40.06
FRANCE – 1:39.79
  • MANAUDOU 25.80
  • PEREZ-DORTONA 27.73 (53.53)
  • BOUSQUET 23.80 (1:17.33)
  • GILOT 22.46 – 1:39.79

Fabien Gilot " Je ne veux pas être le maillon faible "


Après les mondiaux de Barcelone, le nageur français Fabien Gilot se donne encore trois ans pour décrocher un titre individuel. Mais sa priorité reste le relais tricolore, là où il se sent le mieux, comme un poisson dans l'eau. 




Il n'est pas le plus beau, ni le plus fort, ni le plus connu des nageurs français. Et pourtant, Fabien Gilot est un sportif sur lequel on peut compter. Depuis une dizaine d'années, il fait partie des compétiteurs les plus réguliers, aux côtés de Jérémy Stravius. Cet été, il a éclaboussé les mondiaux de Barcelone de par des temps records et sa confrontation historique avec le sprinter James Magnussen avec les relais. S'il peine individuellement, Gilot ne se tracasse pas : l'équipe, ça le motive, ça le transcende. Un état d'esprit collectif qu'il a façonné dès son plus jeune âge, quand il a attaqué... le water-polo. C'était pour promouvoir cette discipline, mais également pour rendre hommage à Pierre Viers, champion du monde 2013 sur 100 m brasse en Afrique du Sud, qu'il était de passage dans le Cantal il y a quelques semaines.
 Le 28 juillet dernier à Barcelone, avec Yannick Agniel, Florent Manaudou et Jérémy Stravius, vous devenez champion du monde du relais 4x100 m nage libre. Et vous vous payez même le luxe de réaliser le meilleur temps de la finale en 46 s 90. L'équipe, ça vous transcende ?

Fabien Gilot : Je pense que y'a un peu de ça c'est sûr. Tu ne veux pas être le maillon faible du relais forcément. Et après, moi, j'aime le relais. Je viens du collectif, j'ai commencé par un sport co, le water-polo, et j'ai eu de la chance de pouvoir continuer là dedans en faisant un sport individuel. C'est un peu contradictoire mais c'est ce qui me plaît.
 
Vous avez un tatouage en hébreu sur le bras qui signifie : "Je ne suis rien sans les autres". La notion d'équipe a toujours été très importante pour vous ?

Moi aujourd'hui, j'aurai du mal sans émulation, sans un staff autour, sans l'équipe que je connais pour travailler au quotidien. S'entraîner tout seul, c'est difficile, c'est vraiment quelque chose de particulier.
 
Après Barcelone et vos deux titres mondiaux, quels sont vos prochains objectifs ?

Au mois de décembre, on a le
s championnats d'Europe en petit bassin au Danemark. L'objectif sera de ramener le titre en individuel. J'avais été vice-champion d'Europe il y a deux ans, vice-champion du monde en petit bassin sur 100 mètres en individuel. Il faudra que j'essaye d'aller chercher ce titre que je n'ai pas décroché encore en petit bassin et continuer à gagner avec les relais.

 
Ça vous manque un titre en individuel ?

C'est-à-dire que plus tu avances plus tu connais le sport de haut niveau. Y'a des gens qui naissent avec un peu plus de talent que toi... Alors où tu arrives à les faire chavirer le jour J ou alors... Michael Phelps, il a travaillé très dur mais il n'a pas travaillé plus dur qu'une cinquantaine d'autres nageurs dans le monde. Il est juste né avec ce petit talent en plus qui fait que c'est Michael Phelps. Bien sûr, si je continue encore trois ans, c'est pour aller chercher des courses en individuel également mais dans le monde du sport du haut niveau français, olympique et dans le monde de la natation mondiale, les gens nous connaissent et nous montrent du respect. Ça fait dix ans que je suis au plus haut niveau, ça fait dix ans que je ramène au moins une médaille internationale tous les ans donc les gens ont du respect par rapport à ce que ça peut représenter.
 
Vous vous êtes fixé cette date butoir de trois ans ?

Dans trois ans, ce sera ma quatrième olympiade, et si je décroche une médaille olympique de nouveau, je serai le premier nageur français à décrocher trois médailles olympiques sur trois olympiades différentes. Ça n'a jamais été fait encore.
 
Et après ?

Et après, j'arrêterai. Je penserai à ma reconversion. Je termine cet hiver un Master en management. Je rentre au Conseil économique social marseillais pour essayer de faire avancer un peu la ville. Après, rester autour du sport, c'est une certitude. J'ai certains sponsors qui sont intéressés, on verra... Rester autour du sport, ça c'est sûr et certain. Probablement travailler avec le CNOSF ou le CIO un petit peu. Après, y'a trois, quatre ans encore avant que j'arrête, donc j'ai le temps de voir venir, ce ne sera peut-être pas forcément la même chose dans trois ans.
 
L'étranger, ça ne vous a jamais tenté, comme certains de vos collègues, Yannick Agniel, Frédéric Bousquet, qui sont partis aux États-Unis ? 

Je suis licencié à Marseille mais on s'entraîne énormément à l'étranger. On fait beaucoup de stages où on va travailler avec les gens qu'on aime bien, surtout aux États-Unis, avec les sprinters américains. Et inversement, cette année, ils étaient venus s'entraîner avec nous à Marseille, Nathan Adrian, Tony Irvine. Donc beaucoup d'échanges en fait. Quand je suis arrivé à Marseille il y a huit ans maintenant, c'est le moment où la natation française a redécollé, où on a instauré cette nouvelle méthode de travail entre guillemets où à l'époque, être nageur, c'est faire des longueurs, des kilomètres et des kilomètres qui servaient, à mon goût, à rien. Quand tu passes trop dans le volume tu perds le qualitatif et nous, on a énormément raccourci les kilométrages, quasiment de moitié, pour travailler plus en dehors de l'eau : salle de muscu, développement athlétique, développement physique, du vélo, courir, des séances de préparation physique sur le sable,... Donc au début ça a fait rigoler, parce que quand tu es nageur, tu es sensé nager... C'était une méthode qui existait aux Etats-Unis depuis déjà pratiquement dix ans et qu'on a essayé en nous entraînant là-bas. Et ça m'a plu justement ce côté un peu chauvin, de réussir dans ce pays de sprinters, de se transformer physiquement. Et aujourd'hui on se rend compte que tous les pôles France et tous les grands nageurs français que vous pouvez connaître qui réussissent, ont cette méthode de travail. Donc content d'avoir été les pionniers de cette méthode en France.
 

Ça vous a permis de revenir à votre niveau après vos blessures ?

J'ai connu des blessures forcément, au dos, fracture au dos à la troisième lombaire où j'ai failli me retrouvé handicapé en faisant le con ; en septembre je me suis fait opérer de l'épaule donc j'ai eu cinq mois d'arrêt... Cinq mois d'arrêt c'est long à regarder les autres nager. Atteindre le haut niveau, ça demande énormément de sacrifices, faut se poser énormément de questions, ta vie est dirigée par la natation. C'est-à-dire faire des sacrifices sur la famille, les amis, tes loisirs, le réveil, la montre en fait. C'est la natation qui dirige ta vie vraiment : je me couche à telle heure, je me lève à telle heure, il faut que je mange ça... Si tu veux vraiment réussir dans le haut niveau, il faut accepter ces sacrifices que tu as l'impression de faire. C'est une chose normale pour avoir une chance de réussir. Ne serait-ce que juste avoir une chance de réussir. C'est ce qui fait pour moi la particularité des grands champions, c'est cette petite touche un petit peu particulière que les sportifs de haut niveau ont. Ne jamais abandonner tout simplement, peut importe ce que tu rencontres dans la vie, ne jamais abandonner. Et c'est pour ça que ce sport est si beau, c'est une école de la vie.

Vous êtes aujourd'hui aux côtés d'un autre champion du monde de la natation, Pierre Viers (à gauche sur la photo), qui revient d'Afrique du Sud multi-titré. Vous saviez que les championnats du monde des transplantés existaient ?

Je découvre. Je suivais les paralympiques depuis quelques années déjà mais je ne savais pas que y'avait les championnats du monde des transplantés. J'apprends quelque chose aujourd'hui et désormais je suivrais mieux. Mais ce qui est intéressant, c'est de se rencontrer et tu te rends compte qu'on tient les mêmes discours, que y'a des échanges qui sont très intéressants, qui peuvent être constructifs pour l'un et pour l'autre. La gestion en amont de l'événement, le stress sur le jour J. Ce qui fait la performance le jour J, c'est pas juste l'état physique, y'a tellement de choses qui entrent en compte. Et de côtoyer des sportifs de haut niveau, d'échanger sur leur préparation au quotidien, qu'est-ce qu'ils font dans l'année, comment se gère la semaine de compétition, c'est toujours enrichissant et on en retire souvent du bon.
 
Avec Pierre Viers, on parle d'un titre de champion du monde, d'une médaille de vice-champion du monde, d'une troisième place, d'une quatrième place. Un titre de champion du monde ça reste un titre de champion du monde. C'est toujours des années particulières, des compétitions particulières, donc que tu ne peux que avoir du respect. Un titre planétaire, ça veut dire que y'a personne au monde qui n'a été plus vite que toi dans ta discipline. On est un petit nombre à pouvoir prétendre avoir fait ça dans notre vie.
 
Ça vous tiendrait à coeur qu'une catégorie aux Jeux olympiques soit pour les transplantés, comme pour les paralympiques ?

Je trouve que ce serait logique. Les paralympiques ont mis du temps à éclore, aujourd'hui on se rend compte qu'on en parle sur les années olympiques pratiquement autant que les Jeux olympiques classiques et c'est une très bonne chose. Après, comme toute chose à mettre en place, ça prend du temps mais pour moi ce serait logique qu'il y ait une catégorie de transplantés aux Jeux olympiques ou sur les championnats du monde auxquels on participe.
 
À quand des vacances ?

On ne prend jamais plus de trois à quatre semaines de vacances sinon ça prend trop de temps à remettre le corps en marche. Le feeling avec l'eau pour l'apprivoiser, ça prend des années et il ne faut pas perdre ce que tu as trouvé.
source : lepetitjournal.com

dimanche 29 septembre 2013

Romain Béraud sur le podium d'une étape de Coupe du Monde d'eau Libre



Dernière minute : Romain Béraud 3ème de l'étape de Coupe du Monde d'eau libre à Shantou en Chine. 

Britta Steffen dit stop



Double championne olympique en 2008, l'Allemande Brita Steffen va prendre sa retraite à 29 ans.


Britta Steffen, double championne olympique sur 50 et 100 m libre à Pékin en 2008, a décidé de tourner la page. L'Allemande de 29 ans a annoncé vendredi qu'elle prenait sa retraite, en panne de motivation : «Je mets fin à ma carrière, consciente d'appartenir aux meilleures mondiales (...) Mais j'ai douté ces dernières semaines sur ma capacité à réunir la motivation et l'énergie nécessaire pour lutter un an ou trois ans de plus pour des médailles d'or et des titres mondiaux». Championne du monde à Rome en 2009 avec des records du monde à la clé sur 50m et 100m, Steffen avait marqué le pas ensuite, ne décrochant pas de médaillé aux Jeux Olympiques de Londres ou aux Mondiaux de Barcelone.
source : l'équipe.fr

vendredi 27 septembre 2013

Muffat débutera sa saison à Dubaï les autres Français à Doha



Sa rentrée se fera loin de la Côte d’Azur. Camille Muffat replongera en compétition en petit bassin lors de la Coupe du monde de Dubaï (17-18 octobre). La Niçoise y trouvera des adversaires de choix puisque sont annoncées la recordwoman du monde (petit bassin) du 400m Mireia Belmonte et l’ex-championne du monde des 200m et 400m Federica Pellegrini. La championne olympique du 400m, seulement deux fois bronzée aux Mondiaux de Barcelone (200m et 4×200m), participera ensuite, comme la plupart de têtes d’affiche de l’équipe de France (Manaudou, Stravius, Gilot, Bousquet…) à la Coupe du monde de Doha (Qatar, 20-21 octobre) qui sera suivie d’un stage sur place.

source : l'équipe.fr

jeudi 26 septembre 2013

Entretien avec Mylène Lazare



Aux Jeux Olympiques de Londres l’année dernière, Mylène Lazare a remporté la médaille de bronze avec le relais 4×200 m nage libre. Alors qu’elle a repris ses études cette année, elle a de nouveau été médaillée de bronze avec le relais aux Championnats du monde de Barcelone il y a un mois. Entretien.












Mylène, le grand public t’a découverte lors des Jeux Olympiques de Londres l’année dernière où tu as remporté la médaille de bronze avec le relais 4×200 m nage libre. Considères-tu que cette médaille a été la réalisation d’un rêve ?

Je dirais que la qualification pour les Jeux Olympiques était déjà la réalisation d’un rêve. Quand on est sportif de haut niveau, qui plus est dans un sport olympique, on rêve d’y accéder. Les Jeux Olympiques sont un peu la finalité. Après, on savait que le relais 4×200 m avait la capacité de remporter une médaille et on a fait en sorte que ça se passe du mieux possible. La médaille a vraiment été la cerise sur le gâteau !

Tu as remporté cette médaille au titre de ta participation aux séries du relais, mais tu n’as pas pu monter sur le podium officiel des JO. Est-ce que cela a été particulièrement frustrant pour toi ?

Non, ça n’a pas été frustrant parce que je savais que mon objectif en venant à Londres avec l’équipe était vraiment de qualifier le relais pour l’après-midi pour que les filles soient dans les meilleures dispositions et puissent faire la meilleure performance possible. Ça s’est finalement passé comme on l’espérait. Mon rôle a été de soutenir le relais et c’est ce que j’ai fait. On a été six médaillées sur l’épreuve. J’étais vraiment heureuse de voir les filles sur le podium. Même si je n’y étais pas, elles l’ont suffisamment partagé avec nous donc c’était un plaisir !

De quelle façon as-tu reçu cette médaille olympique ?

Je l’ai reçue quelques minutes après le podium. C’est le DTN qui l’a remise à Margaux Farrell et à moi. On était avec tout le staff de l’équipe de France. J’ai pu rejoindre ma famille après. Leur montrer la médaille était super !

Raconte-nous comment tu as vécu la période entre ta série nagée du matin et la finale du relais des Jeux Olympiques le soir. As-tu passé ce temps avec les titulaires de la finale ?

A la suite des séries, je suis allée récupérer avec les nageuses du matin. Camille (Muffat) et Ophélie(Cyrielle-Etienne) renageaient le soir et j’ai donc récupéré avec elles. Après, on est retournées au Village Olympique ensemble. On a déjeuné ensemble et on est reparties à la piscine ensemble. On voulait vraiment faire sentir qu’on était une équipe et qu’on était toujours six jusqu’au moment où elles ont plongé. Après, j’étais dans les gradins avec Margaux Farrell (l’autre remplaçante) et Alain Bernard et on a suivi la course de près. Il y avait tous les nageurs français mais c’est vrai qu’on était assez soudés tous les trois : Alain espérait beaucoup cette médaille par rapport à Coralie (Alain Bernard est en couple avec Coralie Balmy, ndlr), et Margaux et moi espérions aussi avoir cette médaille.
J’avais déjà vécu une finale sur d’autres compétitions internationales de l’autre côté, en étant derrière le plot et en y participant. C’est finalement encore plus stressant d’être dans les gradins parce qu’on n’est pas acteurs de la performance ! C’est difficile, mais il y a beaucoup d’excitation. On partage avec les autres membres de l’équipe de France. C’est différent !

Il y a quelques semaines, tu as remporté la médaille de bronze du relais 4×200 m nage libre aux Championnats du monde de Barcelone. As-tu ressenti une pression supplémentaire comme tu étais cette fois-ci titulaire en finale ?

Non, je n’ai pas vraiment ressenti de pression particulière parce que je savais ce que j’avais à faire. J’étais concentrée sur l’objectif. Finalement, j’étais moins stressée que l’année d’avant dans les gradins à encourager les filles ! C’était vraiment différent. Je participe régulièrement à ce relais depuis 2008 donc l’expérience a fait que je n’avais pas trop de stress. J’avais beaucoup d’envie et de motivation. Et puis on était soudées : quand on est quatre derrière le plot, c’est autre chose que quand on est toute seule !

Le relais français semble se rapprocher d’année en année des deux premières places. L’objectif est désormais plutôt de confirmer ces deux dernières médailles de bronze ou bien d’aller chercher les Etats-Unis et l’Australie ?

C’est vrai qu’on se rapproche d’année en année. Je pense que la médaille d’argent sera vraiment réalisable d’ici quelques temps. Et d’ici quelques années supplémentaires, ce serait bien que ce soit la médaille d’or. Camille (Muffat), Charlotte (Bonnet) et Coralie (Balmy) ont réalisé de très belles performances dans la finale. Moi, je suis venue donner un coup de main étant donné que je me suis beaucoup moins entraînée cette année car j’ai repris mes études. J’espère que dans les années à venir, il y aura la relève pour permettre à ce relais de faire encore mieux que troisième !

Cette année, tu as fait un BTS assistante de gestion en alternance. L’objectif pour toi était d’avoir une autre activité en parallèle de la natation ou bien de préparer ta reconversion dès maintenant ?

Je savais très bien que j’allais reprendre mes études après les Jeux. C’était un projet qui était réfléchi depuis 2010 : l’objectif était de participer aux Jeux et de remporter la médaille, chose faite à Londres, et de reprendre mes études en septembre. C’est devenu mon projet principal mais je ne me sentais pas d’arrêter de nager. J’avais toujours de la motivation et j’ai besoin de faire du sport. Être dans l’eau est vraiment important pour mon équilibre personnel. J’ai donc décidé de continuer à nager. Mais avec mon emploi du temps, je ne pouvais nager qu’une seule fois par jour. J’ai fait ça pendant une saison et ça a très bien marché. Si je n’avais pas été qualifiée aux Championnats du monde, ça n’aurait pas été une déception. Tout ce qui vient après les Jeux de 2012 est du bonus !

Le fait se pratiquer la natation à haut niveau et en parallèle de continuer ses études et d’être en entreprise une semaine sur deux est très exigeant. As-tu parfois atteint tes limites physiques et songé à arrêter l’un ou l’autre ?

Je ne dirais pas que ce sont des limites physiques parce que la fatigue physique que je pouvais ressentir quand je m’entrainais deux fois par jour au Pôle France d’Antibes était finalement bien supérieure à ce que je peux ressentir aujourd’hui. Par contre, ça a été très dur  avec la fatigue nerveuse, au niveau de la concentration. Après une journée de cours ou de travail, se mettre dans l’eau n’est pas toujours évident. Oui, il y a eu des moments où je me suis demandé comment j’allais faire pour tenir. A partir de novembre, le rythme a vraiment commencé à être difficile et je me suis donc posée des questions. Mais je ne suis pas du genre à lâcher en cours de route quand j’ai un objectif. J’avais prévu de faire cette saison en nageant et de faire mes études en même temps et je voulais vraiment voir ce que ça donnait. Je suis contente de ne pas avoir flanché en cours de route !

Pour l’instant, ton palmarès international est entièrement bâti sur le relais 4×200 m avec lequel tu as remporté une médaille aux JO, aux Championnats du monde petit et grand bassin, et aux Championnats d’Europe. As-tu aussi des ambitions et objectifs en individuel au niveau international pour l’avenir ?

J’ai 25 ans, ce qui n’est pas tout jeune pour une femme en natation. C’est vrai que mon palmarès s’est construit autour de ce relais 4×200 m nage libre. Mais avec Camille Muffat et Charlotte Bonnet actuellement et Laure Manaudou et Alena Popchanka à l’époque, il y a toujours eu de très bonnes nageuses sur le 200 m. Je n’ai pas pu me faire ma place mais je ne l’ai pas vécu comme une frustration parce que je n’aurais pas pu faire de tels résultats sur le relais 4×200 m s’il n’y avait pas eu ces têtes d’affiche en France. Mon parcours est ce qu’il est, mais je suis vraiment contente d’avoir fait ça et d’avoir partagé à chaque fois ces expériences et ces beaux moments avec les filles du 4×200 m. Le fait de se retrouver à quatre derrière le plot et de partager une victoire est vraiment fort !

Et pour finir, la question classique : les Jeux Olympiques de Rio 2016, tu y penses ?

Depuis septembre 2012, je prends saison après saison. J’ai bouclé celle qui vient de se terminer avec les Championnats du monde. J’ai pris la décision de continuer une autre saison, et après on verra ! Je sais que je nage jusqu’en août 2014, et après on verra !

source : interviewwsport.fr

Le water-polo français veut refaire surface



En créant une nouvelle ligue, qui débutera ce week-end, la discipline veut sortir de l’ombre dans laquelle elle vit depuis une vingtaine d’années.
En épluchant la feuille de match de la finale des derniers championnats du monde de Barcelone, on pourrait croire à une erreur. Ugo Crousillat, ancien joueur du Cercle des nageurs de Marseille, a disputé les Mondiaux, décrochant la médaille d’argent et marquant un but en finale. Oui, mais sous les couleurs du Monténégro, pays dont il a pris la nationalité après avoir rejoint le club de Budva la saison dernière, laissant derrière lui l’équipe de France. Une équipe de France qui a assisté à la compétition devant sa télévision. Comme elle en a malheureusement pris l’habitude depuis de longues années. Sa dernière participation à un championnat d’Europe remonte ainsi à 2001 et ses derniers matches aux JO datent de Barcelone, en 1992 !
Une éternité pour une discipline qui avait apporté au pays son premier titre olympique dans un sport collectif en 1924 à Paris. Une discipline tombée peu à peu dans l’oubli depuis vingt ans, en raison de conflits récurrents entre ses responsables et la Fédération française de natation, à laquelle elle est affiliée. «À une époque, de manière très utopiste, un certain nombre de responsables du water-polo ont imaginé se dissocier de la Fédération française de natation pour créer une Fédération de water-polo, ce qui est inimaginable et qui n’a jamais vu le jour», rappelle Francis Luyce, président de la FFN.
La Fédération nous demande de faire nos preuves : on va donc lui montrer de quoi on est capables
— Ugo Crousillat
Pour mettre fin aux querelles de clocher et à un grand amateurisme (quatre des douze équipes de première division n’ont pas de bassin aux dimensions réglementaires !), les responsables du water-polo ont donc revu leur copie. Après moult discussions avec la Fédération française de natation, ils ont créé, en janvier dernier, la Ligue promotionnelle de water-polo (LPWP). «On était le seul sport d’équipe en France à ne pas disposer d’une ligue pour la gestion de ses championnats de première division», fait remarquer Marc Crousillat, président de cette LPWP et père d’Ugo. Ancien international ayant participé aux JO avec les Bleus, Crousillat veut «faire sortir le water-polo de l’ombre» en le structurant et en travaillant sur son image. «Aujourd’hui, on part vraiment de loin. Il y a même des gens qui croient qu’on joue avec des chevaux dans l’eau», souriait-il vendredi dernier lors de la présentation de la saison qui démarrera ce week-end avec la première journée du championnat désormais baptisé Pro A. Pour se faire connaître, la LPWP s’est adjoint les services d’une agence de relations presse et compte par exemple produire les résumés vidéo d’une affiche par journée pour les mettre à disposition des diffuseurs.
En dépit de l’appellation Pro A, le water-polo reste néanmoins un sport semi-amateur. Moins d’une centaine des 12.000 licenciés que compte la France sont professionnels en première division. Majoritairement des étrangers, issus de l’ex-Yougoslavie. Dans cette région, le water-polo est presque une religion, même si le nombre de licenciés y est parfois bien moins important qu’en France. Championne du monde l’été dernier, la Hongrie ne compte ainsi que 4000 licenciés. Le Monténégro, 1000 seulement. «Dans ces pays, ils ont mis en place des structures pour faire travailler les jeunes et les amener au haut niveau. Nous, on a beaucoup de licenciés mais on n’a pas mis en place de schéma de travail», déplore Crousillat.
Ce sera l’un des objectifs de cette LPWP, forte de ses 150.000 euros de budget, de sa charte chargée d’encadrer le statut du joueur professionnel (charte rédigée par un joueur international français, Alexandre Camarasa) et d’une volonté affichée de structuration. À partir de 2014-2015, aucun club ne pourra ainsi évoluer en Pro A sans un bassin réglementaire, «une règle incontournable, que personne n’avait voulu imposer jusque-là», affirme Luyce. «La Fédération est en position d’attente et nous demande de faire nos preuves : on va donc lui montrer de quoi on est capables», promet Ugo Crousillat.
source : sport24